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07.18.2014

Depuis KOTOR : Manaan

Shuuru // Registre personnel

Essayer de prédire son avenir ou celui de toute une civilisation n'est pas un vain projet. Mais il peut le devenir. Si l'on ne regarde pas attentivement ce qui se trouve dans notre sillage, on ne peut pas vraiment savoir comment négocier les vagues qui nous attendent. C'est dans cet esprit que je me lance dans l'analyse des événements qui ont secoué ma chère planète, Manaan.

Pendant longtemps, plus longtemps que nous le dit l'histoire écrite, l'Empire infini a dominé notre monde. Nous avons été réduits en esclavage jusqu'à sa chute finale et nous, Selkaths, avons juré de ne jamais être esclaves à nouveau. Quand des explorateurs étrangers sont finalement arrivés sur notre monde, ils ont découvert que notre kolto constituait une ressource vitale pour leur course à la domination de la galaxie. Nous avons à notre tour compris la valeur du kolto. Mais à cause de notre histoire, nous avons également compris ses inconvénients.

Ainsi, mes ancêtres ont sagement fait vœu de rester neutres dans les luttes qui opposent les peuples de la galaxie. Ils ont même autorisé la République galactique et l'Empire Sith à installer des ambassades dans notre métropole de surface, Ahto City. Si des tensions émaillaient leur trêve sur notre monde, l'importance du kolto dans leurs efforts de guerre ne leur donnait pas d'autre choix que de se conduire de manière respectable.

Tout du moins, c'est ce que nous croyions.

La visite d'un Jedi nommé Revan bouleversa la situation. Il mit au jour une terrible vérité : les Sith enlevaient et manipulaient nos jeunes pour les faire basculer du côté obscur de la Force. Cette révélation déplut fortement à mes ancêtres et les tensions qui en résultèrent finirent par déclencher un soulèvement mené par l'une des enfants endoctrinés, Shasa, dont la maîtrise de la Force était extraordinaire pour son âge.

Les Sith furent chassés d'Ahto City et leur ambassade rasée. Nous avons poursuivi nos relations avec la République mais dans la crainte, nous souvenant vivement des transgressions qui nous avaient été infligées par les étrangers. Nous, Selkaths, cherchions de plus en plus conseil auprès des maîtres de la Force de l'Ordre de Shasa, ainsi nommé en hommage à l'architecte de l'expulsion des Sith. Inspiré par l'esprit pragmatique de cette enfant, l'Ordre militait pour l'abolition de l'ambassade de la République à Ahto City pour isoler Manaan des turbulences de la galaxie.

Finalement, ce ne fut pas nécessaire. Comme un battement de nageoire peut engendrer la plus grande des vagues, nos actions finirent par causer la chute et la dispersion de l'Empire. Les tensions se calmèrent. Pendant un temps, les Selkaths prospérèrent. Nombre d'entre nous se lancèrent à travers la mer d'étoiles à la recherche de nouvelles vies et d'opportunités.

Nous ne le savions pas encore, mais tel le mythique requin Binexan, l'Empire Sith revint des ténèbres, plus fort et plus ambitieux que jamais. Quand ce nouvel Empire exigea notre allégeance, mes ancêtres lui proposèrent la même offre de neutralité qu'ils avaient déjà acceptée par le passé. Cela ne fit que les irriter davantage. Ils bombardèrent notre monde depuis l'espace, détruisant presque toutes les structures de surface, dont Ahto City.
Par son inaction dans cette période trouble, la République nous infligea le coup de grâce sans même tirer un seul coup de canon. Trahis et amers, nous nous sommes retirés dans les profondeurs, déterminés à ne jamais nous associer à nouveau avec des étrangers à notre planète. Pour nous, ils sont tous esclavagistes. Endoctrineurs d'enfants. Amis des beaux jours, au mieux.

Ces années furent considérées comme les plus prospères de l'histoire des Selkaths. Notre propre culture et nos traditions étaient florissantes. Peu de conflits nous atteignaient. Indépendants du reste de la galaxie, nous étions ensemble. Mais beaucoup regrettaient en secret les habitudes et les moyens que les étrangers nous apportaient et nous nous sommes retrouvés en péril économique. Après de nombreux débats, nous avons finalement décidé, malgré les leçons du passé, que notre absence de la scène galactique ne serait pas permanente.

Première de nos nouvelles structures de surface à naître après de nombreuses années, la place marchande ouvrit avec des règles strictes concernant l'attribution des autorisations d'atterrissage. Au début, cela signifiait que seuls les ambassadeurs des mondes alliés de la République étaient admis. À cette époque, j'étais largement impliqué dans la définition d'une politique extérieure et je militais pour étendre cette invitation aux Sith. J'étais déçu de l'inaction de la République quand nous avions besoin d'elle et je ne souhaitais pas être la cible d'un nouveau bombardement de leurs ennemis.

Depuis que nous avons offert à l'Empire un nouvel accord sur le commerce de kolto et accepté leur présence sur Manaan, la République s'est transformée en un allié plus compétent et plus sûr que par le passé. J'avoue qu'elle a su me séduire. Cela ne signifie pas cependant que nous devions renoncer à notre accord avec l'Empire. Nous préférons conserver un équilibre qui nous avantage. Après tout, nous n'avons aucune garantie que chaque camp resterait à bonne distance de l'autre s'ils n'étaient pas sous notre surveillance.

Nous en avons déjà fait l'expérience par le passé.