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Xhylette
12.13.2012 , 02:17 AM | #53
Quote: Originally Posted by Dici View Post
Donne-moi le nom d'un seul jeu dont la durée de vie sans mise à jour est d'un an et je quitte le monde terrestre pour aller me damner en enfer, moi qui ai toujours pensé ça impossible.
Prends garde, l'Enfer est pavé de bonnes intentions, justement.

Sans vanter la concurrence, d'autant qu'elle ne le mérite plus, voici ma réponse à ta question ; tu n'auras aucune difficulté à l'identifier par son nom.

Mon ancien jeu est sorti en novembre 2004 ; j'ai commencé à y jouer en avril 2005. Il comportait 60 niveaux. Il a été porté à 70 niveaux en janvier 2007, puis à 80 niveaux en novembre 2008, et enfin à 85 niveaux en décembre 2010. Autrement dit, les trois extensions sont sorties après 26, 22 et 25 mois, soit une moyenne de 24 mois.

L'ajout de vrai contenu, avec niveaux, classes, métiers, et univers de jeu supplémentaires s'est donc succédé au rythme d'une fois tous les deux ans ; pour la petite histoire, son éditeur avait annoncé que ce rythme serait de six mois. Comme chacun sait, il y a loin de la coupe aux lèvres, surtout en matière de jeu vidéo.

Pour être complet, il faut ajouter que l'éditeur a également publié "quelques" ajouts de contenu d'attente, c'est à dire des instances de haut niveau gratuites, surtout pendant les dernières extensions ; peu de temps après la sortie du jeu, il s'est même offert le luxe de publier à titre de "première mise à jour", une instance de niveau intermédiaire, "Mare aux dons", une instance vaste, immense, magnifique, qui pour moi a été longtemps la plus belle du jeu. Lui aussi a donc livré du contenu en retard, mais le fait ne s'est jamais plus reproduit par la suite.

Bien au contraire, la dernière extension ne sera qu'un plat réchauffé du contenu initial du jeu, complètement vidé de sa substance initiale, pour ne plus être qu'une pâle copie laborieuse, monotone et complètement désertée par les joueurs.

Il y a bien sûr eu aussi des mises à jour correctives, mais en nombre bien plus faible que Swtor ; alors que Bioware nous en inflige presque deux par semaine depuis la sortie du jeu, elles n'ont pas dû dépasser une par mois sur mon ancien jeu, c'est à dire huit fois moins environ.

Ceci dit, l'histoire de ce jeu est aussi une lente mutation, une longue descente aux Enfers qui commence au moment de l'absorption de son éditeur initial par un gros groupe financier, exactement ce qui est arrivé aussi à Bioware, avec les mêmes conséquences : "la monétisation du contenu", sauf que dans son cas, c'est arrivé après la sortie du jeu, alors que la reprise de BioBio par Electronic Arts est survenue avant la sortie du jeu. Mais le résultat est le même, inutile de le décrire.

Ecoeuré par sa dégradation, j'ai quitté sans regrets mon ancien jeu pour Swtor dès sa sortie, après y avoir joué pendant presque 7 ans avec beaucoup de plaisir, surtout les premières années. Helas, j'étais loin de me douter de ce que j'allais découvrir. Si le contenu de Swtor ne m'a jamais déçu, tant par son étendue que par sa richesse et son haut degré de finition, sa gestion aura été catastrophique, l'éditeur accumulant continuellement gaffes sur gaffes, démontrant surtout une méconnaissance totale de la psychologie des joueurs de MMO, et un amateurisme surprenant quant à sa capacité à surmonter ses problèmes techniques, notamment lors de ses calamiteuses et perpétuelles mises à jour.

Mon ancien jeu, lui, tient toujours la route, mais c'est une autre route que celle que j'avais empruntée avec lui il y a sept ans. Il le doit à mon avis, mais pas seulement, à une parfaite maîtrise technique : chargement indolore des mises à jour en jouant sans que le joueur ne s'en aperçoive, fluidité parfaite en dehors des capitales, pratiquement jamais de latence ni de déco sauvage en instance, univers de jeu complètement ouvert et sans instanciation ni chargement si ce n'est les voyages en bâteau et une finition impeccable quant aux bugs et autres erreurs de traduction ou de conception.

Malgré tout, je n'y retournerai jamais, parce que si l'emballage est magnifique, l'intérieur l'est beaucoup moins, notamment à cause de son ambiance délétère générée par les nombreuses triches en tous genre, un fléau auquel Bioware a su échapper parfaitement, du moins jusqu'à présent.

Désolé pour le pavé, mais je tenais à te répondre par le détail.
"Qu'importe la destination, seul compte le voyage."